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Guide d’écoute

L’ Apprenti Sorcier est un poème symphonique, une œuvre sans forme précise, qui s’inspire souvent d’un sujet extra-musical (un personnage, un paysage, une idée philosophique, un événement historique, une aventure dans le cas présent…) et cette œuvre est composée pour un orchestre symphonique.

Rappelons rapidement ce qu’est un orchestre symphonique. C’est un ensemble de plusieurs dizaines d’instruments, voire davantage encore, répartis en trois grandes familles:

  • les cordes, divisées en trois groupes, cordes frottées (famille des violons), cordes pincées (clavecin, harpe, guitare) et cordes frappées (piano)
  • les vents eux aussi divisés en deux groupes, les bois (flûte, clarinette, hautbois, basson…) et les cuivres (trompette, cor, trombone, tuba)
  • les percussions (timbales, cymbales, grosse caisse, caisse claire, triangle, glockenspiel. C’est la plus grand famille.

Mais tous ces instruments ne sont pas systématiquement utilisés. L’orchestration est décidée par le compositeur.
Voici celle voulue par Dukas :

Plusieurs éléments interviennent dans cette histoire et on les retrouve dans la musique.
Il y a bien sûr les personnages : l’apprenti, personnage responsable de ce qui va se passer, le balai puisqu’il devient, par l’effet de la magie le personnage central et le maître qui lui n’intervient que très peu. Mais on trouvera aussi des motifs évoquant la formule magique, l’atmosphère mystérieuse de l’antre du magicien et l’eau.

L’ ambiance mystérieuse

Une introduction jouée piano (faible) et lentement évoque pour commencer l’ambiance qui règne chez le magicien. Le thème du balai et celui de l’apprenti s’y font très discrètement entendre.
Un court motif descendant des cordes précède l’incipit du thème du balai joué successivement par la clarinette, le hautbois et la flûte. Ce passage est joué deux fois.

Introduction

On retrouvera cette atmosphère mystérieuse dans la coda, c’est-à-dire la conclusion, quand le magicien a remis de l’ordre dans sa maison.

Coda

La formule magique

C’est un petit motif de quelques notes qui symbolisera la formule magique. Ce motif se fera entendre plusieurs fois et toujours d’une manière différente.
C’est tout d’abord l’apprenti qui, l’ayant trouvée dans le grand livre de magie du maître, la prononce d’une manière peu franche, discrète. Hésite-t-il? La trompette bouchée (avec sourdine) joue ce motif.
Le coup de timbale final ponctue la phrase prononcée, le sortilège est jeté.

La formule par l’apprenti.

Quand le jeune homme veut arrêter le balai qu’il a ensorcelé, la formule ne fonctionne pas. Il la prononce plusieurs fois, d’une manière autoritaire mais qui montre, par la répétition à des hauteurs différentes, l’inquiétude qui s’installe et grandit. Les cuivres jouent ici sans sourdine, de plus en plus haut, de plus en plus fort. On entend entre les formules l’eau qui continue d’être déversée. Les deux coups de cymbales représentent les coups de hache avec laquelle le valet brise le balai.

L’apprenti tente d’arrêter le balai.

Nous entendrons à nouveau cette formule dans la deuxième partie, jouée par les cors. Mais c’est à la fin, juste avant la coda, que nous l’entendrons jouée par l’ensemble des cuivres d’une manière forte et autoritaire. C’est le retour du maître magicien. Le calme revient immédiatement.

La formule par la maître.

L’ apprenti sorcier

Au début le thème de l’apprenti est un thème gai et sautillant joué par les bois et le glockenspiel. Il traduit la joie du serviteur d’avoir ensorcelé un balai pour le faire travailler à sa place et son insouciance.

Le glockenspiel


Le glockenspiel (littéralement « jeu de cloches », autrement dit « carillon ») est un instrument à percussion et clavier à lames de métal.

Cet instrument était à l’origine constitué de clochettes, d’où son nom.

Thème de l’apprenti

Ce thème évoluera également en fonction de l’inquiétude grandissante du valet. On le retrouvera beaucoup moins sautillant.

Plus tard. Inquiétude grandissante.

Le balai

Le thème du balai est celui qui est le plus développé dans toute l’œuvre. C’est peut-être aussi celui qui est le plus facile à fredonner. Il évolue, comme les autres, au fur et à mesure qu’on avance dans la mésaventure que connaît l’apprenti magicien.
Le voici au début, quand le sortilège prend effet. On entend une note au basson, puis deux qui seront répétées et enfin le fameux thème qui nous révèle que le balai a pris vie.

Le voici une deuxième fois, plus alerte, plus franc. Et une troisième fois où l’on sent que la situation s’aggrave.

Dans la deuxième partie, quand le garçon pense être parvenu à se débarrasser du balai encombrant en le cassant, le thème est repris par le basson et le contrebasson, la clarinette et la clarinette basse. Les morceaux de balai deviennent à leur tour des balais qui s’agitent peu à peu et reprennent le travail.

Clarinette et clarinette basse
Basson et contrebasson
Reprise du thème du balai dans la deuxième partie.

L’ eau

Entre l’introduction et la conclusion l’eau est omniprésente dans ce poème symphonique.
Ce sont tout d’abord les cordes qui vont évoquer l’eau qui est puisée par un bref motif ascendant des cordes (quelques notes rapides allant vers l’aigu) puis qui se déverse par un autre motif descendant (allant vers le grave).
Les motifs vont se faire de plus en plus présents et accompagnés de pizzicati des cordes et de roulements (battements très rapides) de cymbales ayant pour but de nous faire entendre l’eau qui est jetée dans le baquet débordant et qui déferle par vagues sur le sol.
L’eau est évidemment de plus en plus présente mais disparaîtra complètement au retour du maître.

Roulement de cymbale
L’eau

Vous avez maintenant tous les éléments en main pour écouter l’œuvre dans son entier. Un tableau récapitulatif des principaux moments vous guidera.

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