Press "Enter" to skip to content

LE BOLÉRO – Guide d’écoute

Le Boléro nécessite un orchestre imposant:

Bois:
une flûte piccolo, 2 flûtes (l’une jouant aussi du piccolo par moment)
deux hautbois (l’un jouant du hautbois d’amour) et un cor anglais
deux clarinettes (l’une jouant de la petite clarinette), une clarinette basse
deux bassons et un contrebasson
un saxophone soprano et un saxophone ténor


Cuivres:
Quatre cors
Une petite trompette et trois trompettes
Trois trombones et un tuba


Cordes:
Premiers et seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses, une harpe


Percussions:
Deux caisses claires, trois timbales, une grosse caisse, cymbales, tam-tam, célesta

Le Boléro comprend de plusieurs ostinatos: un ostinato mélodique, un ostinato harmonique, une basse et un tempo immuables et surtout un ostinato rythmique.
Qu’est-ce qu’un ostinato?
Ostinato signifie « obstiné » en italien.
C’est un fragment harmonique, mélodique ou rythmique repris sans cesse dans une œuvre musicale.

Prenons tout d’abord le plus facile à identifier, l’ostinato rythmique. Il est fait de 2 mesures à 3 temps, dans un tempo lent qui seront reprises 169 fois, soit 4056 battements de caisse claire. De plus aucune variation de tempo ne vient troubler l’œuvre.

Partition caisse claire
Ostinato rythmique

La basse, immuable, joue sans discontinuer les deux mêmes mesures pendant toute la pièce sauf au moment de la modulation.

Partition contrebasse
Ostinato de la basse

L’ostinato harmonique est ici la tonalité de Do Majeur.
L’accord ne varie pas sauf dans la conclusion où l’accord de Mi Majeur vient le remplacer très brièvement pendant 8 mesures.

Écoutons ces deux accords.

Accords de DO et de MI

L’ostinato mélodique est fait de deux thèmes joués invariablement pendant plus d’un quart d’heure.
Ces thèmes, après l’introduction, vont se succéder selon le plan suivant:
AABB – AABB – AABB – AABB – AB – et ils seront suivis d’une coda (conclusion)
Chaque thème est fait de deux phrases, la première est ce que l’on appelle l’antécédent (la question, phrase suspensive qui attend une suite, une conclusion) et la seconde est le conséquent (la réponse, phrase conclusive ).

Voici tout d’abord l’antécédent de A:

Thème A – Antécédent (question)

Voici maintenant le conséquent:

Thème A – Conséquent (réponse)

Nous pouvons maintenant écouter tout le thème A:

Thème A

Écoutons maintenant l’antécédent de B:

Thème B – Antécédent (question)

Voici le conséquent de B:

Thème B – Conséquent (réponse)

Écoutons tout le thème B:

Thème B

Les seuls éléments de variation dans cette œuvre sont d’une part l’orchestration qui change à chaque phrase et le lent crescendo de l’orchestre qui commence pianissimo et termine dans un fortissimo impressionnant.
Le phénomène de crescendo est obtenu par l’ajout d’instruments et par le fait que ces instruments vont jouer de plus en plus fort.

Voici les principales nuances (variations d’intensité sonore) utilisées en musique:

Maintenant que nous avons connaissons l’essentiel, voyons comment tout cela est organisé.

Cette œuvre peut se diviser de la façon suivante:
1- Introduction: installation du rythme lancinant, de la basse et de la tonalité.
2- Timbres courants
3- Timbres plus rares
4- Associations de timbres
5- Jeux d’orchestre
6- Conclusion. A force de trop empiler tout s’écroule?

  1. Introduction:

C’est la caisse claire qui installe le rythme sur des accords de harpe, des pizzicati de cordes et la basse pendant 4 mesures. Deux mesures seront reprises entre les thèmes formant ainsi une ritournelle.

  1. Première partie: (timbres courants)

Viennent ensuite les thèmes joués successivement par les instruments suivants:

Phrase A: flûte traversière (famille des bois). Vous remarquerez qu’à la fin de sa phrase la flûte vient tenir compagnie à la caisse claire sur une seule note et compléter la ritournelle)
N’hésitez pas à monter le son car le début est très faible.

A: Flûte traversière

Phrase A: clarinette (famille des bois, instrument à anche simple)

A: Clarinette

Phrase B: basson (famille des bois, instrument à anche double)

B: Basson

Phrase B: petite clarinette (famille des bois, instrument à anche simple)

B: Petite clarinette
  1. Deuxième partie:

La deuxième partie est donc réservée à des timbres plus rares.


Le hautbois d’amour est un peu plus grave que le hautbois. Il a la même forme que le cor anglais et sa sonorité est très douce.

A: Hautbois d’amour

La trompette est régulièrement utilisée dans l’orchestre, mais rarement avec une sourdine. Quand une flûte double la mélodie à l’octave on obtient un mélange assez curieux.

A: Flûte et trompette bouchée

Le saxophone n’a fait son apparition dans l’orchestre symphonique qu’à la fin du 19ème siècle.
Nous entendrons d’abord le saxophone ténor puis le soprano. Il est à noter que le conducteur précise un saxophone sopranino en fa mais la partition a toujours entièrement été jouée au saxophone soprano.

B: Saxophone ténor
B: Saxophone soprano
  1. Troisième partie:

Les timbres se mélangent dans la troisième partie:

Tout d’abord un curieux amalgame de flûte piccolo, de cor d’harmonie (ou cor français) et de célesta. Le célesta est un instrument à clavier qui ressemble au piano, mais ce sont des lames de métal qui vibrent et non des cordes.

A: Flûte piccolo, cor, célesta

Les bois s’associent dans la phrase suivante: 2 hautbois, un cor anglais, 2 clarinette et le hautbois d’amour.

A: Association de bois

La phrase B suivante est jouée uniquement par le trombone dans son registre le plus aigu, passage craint des instrumentistes.

B: Trombone

Nous retrouvons pour la phrase suivante les bois mais cette fois-ci en accords.

B: Bois en accords
  1. Quatrième partie:

Arrivent enfin les cordes dans la quatrième partie. Les exécutants sont plus nombreux, l’intensité sonore monte d’un cran.

La phrase A et la phrase B seront jouées un première fois « à l’unisson » et une deuxième fois en accord.

A: Cordes à l’unisson
A: Cordes en accords
B: Cordes à l’unisson
B: Cordes en accords
  1. Cinquième partie et conclusion

Pas de reprise dans la dernière partie, nous entendons les deux phrases jouées successivement.

La petite trompette (trompette piccolo) intervient dans A, le trombone dans B.

A avec les trompettes et la trompette piccolo
B avec les trombones et le tuba

La phrase B n’est pas jouée entièrement et n’est donc pas suivie de la ritournelle. Tout à coup une modulation inattendue arrive (changement de tonalité, ici de Do Majeur à Mi Majeur). L’orchestre est au maximum de sa puissance. Il va revenir dans la tonalité d’origine (Do Majeur) et après plusieurs glissandos (glissades d’une note à un autre en passant par tous les sons intermédiaires) des trombones et un accord final dissonant il s’écroule.

Accords de Do majeur et de Mi Majeur
Modulation (cordes)
Coda (conclusion)

Dans cette coda tout l’orchestre intervient et s’ajoute tout le pupitre des percussions avec notamment, en plus des deux caisses claires, les timbales, les cymbales, la grosse caisse, le tam tam.

Quelques percussions

Voici pour terminer un plan détaillé du Boléro qui vous aidera pendant votre écoute intégrale de l’œuvre.

Plan détaillé du Boléro
Boléro de Maurice RAVEL par l’Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Lionel BRINGUIER

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *