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Un peu de poésie

Sonnet

Poème composé de 14 vers, répartis en 2 quatrains (strophe de 4 vers) et 2 tercets (strophes de 3 vers).

La disposition des rimes suit le schéma suivant:

ABBA – ABBA – CCD – EDE (ou EED)

Le sonnet (sonnetto) était très répandu en Italie aux 14ème et 15ème siècles. On l’utilisa en France à partir du début du 16ème siècle. Délaissé au 18ème siècle, il réapparut à l’époque romantique et fut surtout utilisé par les poètes parnassiens, à la seconde moitié du 19ème siècle (Théophile GAUTHIER, Charles BAUDELAIRE…)

En voici un exemple très connu:

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la toison
Et puis est retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge!



Joaquim du Bellay (v. 1522-1560)

Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage?
 
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plait l’ardoise fine ;
 
Plus mon Loire gaulois que le Tybre latin,
Plus mon petit Liré que le mont palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Sonnets « Les Quatre Saisons »

Concerto n° 1 en mi majeur, opus 8, RV 269, « La primavera » : Le Printemps

1. Allegro
Le printemps est venu, apportant la gaieté;
Les oiseaux le saluent de leurs chants exaltés
Et les ruisseaux, qu’effleure un souffle de Zéphyr,
Coulent à l’unisson leurs flots qu’on entend bruire.

Le ciel s’est recouvert d’une sombre voilette,
Le tonnerre et l’éclair annoncent la tempête.
Mais sitôt qu’ils s’apaisent, les oiseaux joyeux
Reprennent sans tarder leurs chants harmonieux.

2. Largo
Et dans la prairie ondulante, tout en fleurs,
Dont chaque feuille ou herbe chuinte en douceur,
Le pâtre dort, son chien fidèle à ses côtés.

3. Allegro
Dans le pré, au son des musettes pastorales,
Nymphes et bergers saluent d’une bacchanale
L’arrivée du Printemps, l’éclat de sa beauté.

Concerto n° 2 en sol mineur, opus 8, RV 315, « L’estate » : L’Été

1. Allegro non molto – Allegro
Sous l’empire accablant du soleil qui écume
Homme et troupeau languissent, et le pin se consume;
Le coucou entonne son chant, et lui font chœur
La tourterelle et le chardonneret moqueur.

Zéphyr souffle tout doucement, mais tout à coup
Survient Borée, son ennemi, qui le secoue;
Le pastoureau gémit et tremble, car il craint
Le choc de la bourrasque, et son propre destin.

2. Adagio – Presto – Adagio
Ses membres convulsés l’épuisent, factionnaire
Figé par les éclairs, la fureur du tonnerre,
Les essaims affolés de frelons et de mouches!

3. Presto
Hélas! il ne s’est pas alarmé sans raison :
Le ciel fulmine et, sous l’assaut de ses grêlons,
Les épis sont fauchés et les tiges se couchent.

Concerto n°3 en fa majeur, opus 8, RV 293, « L’autunno » : L’Automne

1. Allegro
Par des danses et des chants de joie, les paysans
Célèbrent la foison des récoltes nouvelles,
Et la douce liqueur de Bacchus les appelle
À se laisser aller au sommeil bienfaisant.

2. Adagio molto
Plus aucun n’a envie de danser ni chanter,
À présent; l’air est doux, la brise caressante,
Et la saison se fait de plus en plus pressante
À commander à tous un repos mérité.

3. Allegro
À l’aube les chasseurs joyeusement s’assemblent :
Avec cors, fusils, chiens, ils s’en vont tous ensemble
Sur les pas de la bête poussée par la peur.

Aux abois, traquée par le haro terrifiant,
Blessée, elle reprend un moment son élan,
Ne songeant plus qu’à fuir, mais, brisée, tombe et meurt.

Concerto n°4 en fa mineur, opus 8, RV 297, « L’inverno », L’Hiver

1. Allegro non molto
Gelés et frissonnants dans la neige qui mord,
Et battus par des vents cruels et sans remords,
Nos pieds tout engourdis s’emmêlent à chaque instant,
L’abominable froid nous fait claquer des dents.

2 .Largo
Allons auprès du feu, au calme et bien au chaud,
Cependant que la pluie redouble ses assauts.
Nous marchons à pas lents sur une onde gelée,
Tout entiers attentifs à ne pas perdre pied;

3. Allegro
Pour qui veut se presser, c’est la chute assurée.
Reprenons prudemment notre pénible route,
Tant que les glaces ne sont rompues ni dissoutes.

À l’abri de nos portes, nous entendons hurler
Le Sirocco, Borée et tous les vents en guerre :
Mais bien des joies pourtant accompagnent l’hiver.

Rondeau

Au Moyen-Âge on disait aussi rondel, rondelet, rondet ou encore rondin.
Le rondeau double est un petit poème français à forme fixe de treize vers sur deux rimes avec des répétitions obligées.
Le rondeau simple comprend 7 ou 8 vers. On l’appelait aussi triolet.
Le rondel lui est fait de 14 vers.

Voici un exemple de rondeau double que vous avez peut-être appris pendant votre scolarité. Vous y remarquerez une phrase qui revient comme un refrain.

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d’argent d’orfèvrerie.
Chacun s’habille de nouveau,
Le temps a laissé son manteau.

Charles d’Orléans (1394-1465)

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